Partis français au Québec à la veille des élections présidentielles : le Front de Gauche

Avant le silence imposé sur la campagne, voici un dernier témoignage d’un militant français du Front de Gauche, vivant au Québec. Il s’agit de Thomas Collombat. Il est également membre de Français du Monde Québec et suppléant de Céline Clément, la candidate du Front de Gauche aux législatives pour la 1ère circonscription des Français de l’Etranger.

QC2012 : En tant que militant du Front de gauche vivant au Québec, que représentent pour vous les élections présidentielles ?

Thomas Collombat : Sous la Vème République, l’élection présidentielle reste, malheureusement, l’élection majeure. Le Front de Gauche compte bien sortir de cette logique en convoquant une Constituante devant mener à une VIème République plus participative, où le Parlement, notamment, aurait plus de pouvoir. En attendant, nous avons fait le pari de faire de cette échéance une occasion pour une extraordinaire mobilisation collective, en sortant des sentiers battus de l’hyper-personnalisation et en permettant à des milliers de nos concitoyens de s’emparer des enjeux, notamment au travers de notre programme partagé « l’Humain d’abord », et de grandes mobilisations collectives comme à la Bastille ou sur les plages du Prado.

QC2012 : Aujourd’hui le candidat Mélenchon crée la surprise. Il mobilise à la gauche du PS et arrive à faire résonner les idées et valeurs de l’extrême-gauche et d’une certaine gauche dans les intentions de vote des Français. Pourquoi ce succès selon vous ?

TC : Il y avait un réel besoin dans la population d’entendre d’autres réponses à la crise que les sempiternels crédos néo-libéraux servis au reste de l’Europe notamment. Le succès du Front de Gauche repose également sur l’authentique démarche unitaire qui le caractérise. Comme militants du Parti communiste, Céline Clément (candidate titulaire aux législatives) et moi-même nous sentons portés par ce mouvement qui nous mène à collaborer avec nos camarades du Parti de Gauche et des autres composantes du FDG de façon totalement nouvelle. Nous mettons en commun les expériences et les perspectives d’organisations très différentes. C’est un défi quotidien mais c’est aussi et surtout une richesse inestimable qui porte clairement fruit.

QC2012 : La candidature de JL Mélenchon ne fait-elle pas du tort à la gauche et ne risque-t-elle pas finalement de bloquer le passage à François Hollande ?

TC : C’est totalement le contraire, le Front de Gauche va faire gagner la gauche. Non seulement les sondages montrent qu’il n’y a pas d’adéquation entre la montée de Jean-Luc Mélenchon et un éventuel affaiblissement de François Hollande (qui ne se vérifie pas) mais nous permettons surtout à des électeurs désabusés par la politique en générale et par la gauche réformiste en particulier de se retrouver enfin dans un programme et une démarche qui leur ressemblent. Dans ce sens nous sommes la principale raison pour laquelle la gauche a des chances de l’emporter cette fois-ci.

QC2012 : Pensez-vous que JL Mélenchon fera le plein des voix au Québec et plus largement en Amérique du Nord, où la gauche et le communisme sont souvent considérés comme des dangers ? Pourquoi ?

TC : Il faut rompre avec ce cliché qui présente l’Amérique du nord en général et le Québec en particulier comme des terres de droite néo-libérale. Le Québec a développé un modèle de société qui accorde bien souvent à l’État un rôle plus important qu’il ne joue en France. La mobilisation étudiante actuelle montre clairement que les idéaux de justice sociale et de solidarité sont très bien ancrés au Québec. Même aux États-Unis, où je réside temporairement en ce moment, je retrouve un sens du bien commun et de l’engagement collectif diamétralement opposé aux caricatures que l’on veut bien faire de cette société. Les idées de gauche sont universelles et il est certain que de nombreux Français installés en Amérique du nord se reconnaitront dans les solutions que nous préconisons, d’autant plus lorsqu’ils quittent le pays parce qu’ils n’ont pas de perspectives professionnelles en France.

QC2012 : Enfin, concrètement, qu’est-ce qu’un « parti » comme le Front de Gauche apporte aux Français vivant au Québec ?

TC : Bien des choses, notamment une amélioration des services consulaires passant l’abolition de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) qui a saigné à blanc les budgets du Ministère des affaires étrangères. Également la revalorisation du programme de bourses des écoles françaises afin d’instaurer une véritable équité sociale en la matière, plutôt que de faire miroiter des solutions populistes comme la gratuité totale qui n’est ni réaliste, ni équitable.
Finalement, nous proposons une nouvelle conception de la sécurité-sociale-professionnelle qui permettrait à nos concitoyens de bénéficier pleinement de ce service public hors du territoire et à leur retour.

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