Résultats du premier tour des présidentielles au Canada : le point de vue de François Lubrina, UMP

François Lubrina, délégué de l’UMP Québec, conseiller des Français de l’Etranger depuis de nombreuses années, a bien voulu répondre à plusieurs de nos questions sur les résultats du premier tour et les perspectives du second.

Qc2012 : Au lendemain du premier tour, alors que les médias annonçaient Nicolas Sarkozy loin derrière François Hollande, son résultat national a été plutôt positif. Il n’est qu’à un peu plus d’un point du candidat socialiste. Pour vous qu’est-ce qui explique le succès de Nicolas Sarkozy ? Son bilan ? Son programme ? Sa campagne ?

François Lubrina : Globalement, les candidats sont à un niveau normal à quelques précisions près :
– le buzz des médias a tenté de faire croire que la personnalité de Mélanchon allait doubler les voix des communistes; il n’en n’est rien, il fait score conforme
– Nicolas Sarkozy paie ses comportements parfois incompris ou déformés par les médias; certains électeurs ont voulu lui donner une leçon au 1er tour, mais rentreront au bercail au second tour
– les Français se sont mobilisés, déjouant les pronostics, et seuls dans l’isoloir, ils savent bien que le chemin du redressement de la France avec l’actuel président de la république, n’est pas le plus facile certes, mais le plus sûr et le plus raisonnable.

Qc2012 : Le résultat au Canada est plus mitigé pour la droite (cf. notre article sur l’analyse comparée des résultats 2007-2012). A Montréal en particulier la gauche s’impose comme en 2007. Qu’en pensez-vous ? Croyez-vous que les Français de Montréal sont plus de culture de gauche ?

FL : Les résultats de Montréal ne sont pas une surprise ; ils sont traditionnellement favorables à la gauche. Le consulat a enregistré 1/3 d’inscriptions de plus pour 2012, c’est énorme, et on peut raisonnablement penser que les motivations de ce nouvel électorat étaient de protester face au pouvoir en place.
On observe une poussée de la gauche et du front national, vote protestataire contre Nicolas Sarkozy. Par contre, le président sortant conserve son électorat de 2007 en voix, il n’y a pas d’effondrement.
Et c’est vrai, au Québec et à Montréal, il y a une tradition de culture de gauche, en réaction certainement à la droite américaine, qui n’a rien voir (heureusement !) avec la droite républicaine française.

Qc2012 : On accuse souvent l’UMP et plus particulièrement le candidat Nicolas Sarkozy de faire le lit du FN et d’avoir permis son important score du premier tour. De votre point de vue qu’en est-il ?

FL : C’est qui « on » ? les médias ? la gauche ? À qui veut-on faire croire ça ? « on » c’est souvent la gauche bobo qui habite les beaux quartiers et vient donner des leçons à la France qui se lève tôt, celle qui est confrontée quotidiennement aux problèmes de son quartier.
– Premièrement, je vous renverrai aux 30 dernières années : qui a permis au Front National d’exister et de dépasser ses quelques pourcentages de vote extrême-droite traditionnel dans les années 80 ? qui a donné au Front National la légitimité de l’Assemblée Nationale avec la proportionnelle ? Nul autre que le président socialiste François Mitterrand ! Et pour des raisons électorales, pour empêcher la droite républicaine de revenir au pouvoir ! La gauche a la mémoire courte ! le RPR puis l’UMP ont toujours refusé les accords avec le Front National, depuis 30 ans, et on accuse Nicolas Sarkozy de faire le lit du FN ? C’est Mitterrand qui a fait le lit du FN en tuant le parti communiste et en permettant l’émergence du FN pour capter le vote protestataire.
– Deuxièmement, je refuse de stigmatiser les électeurs du Front National; ce sont les oubliés de la République comme l’étaient les électeurs communistes des banlieues rouges dans les années 70. Ce sont des gens qui souffrent, ce sont des Français qui protestent et qui veulent qu’on les écoute. Non, il n’y a pas 20% de « fachos » en France comme je l’ai entendu dernièrement. C’est un vote populiste, mais il faut se préoccuper des raisons de ce vote, et non pas le balayer d’un revers de la main . Le Pen, ce sont de fausses solutions à de vrais problèmes ! Et parce que le FN évoque ces problèmes, on devrait les ignorer ? De cette ignorance viendrait un véritable danger. Nicolas Sarkozy préfère les aborder pour tenter d’y apporter des réponses républicaines.

NB : Nous remercions Mme Nathalie Simon-Clerc grâce à qui nous avons pu obtenir cette interview.

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