Interview d’Emmanuel Marcilhacy, ancien Conseiller des Français de l’Etranger, sur les élections législatives

Emmanuel Marcilhacy, ancien Conseiller des Français de l’Etranger pour le Québec et les Maritimes, vice-président de la section Canada Parti Radical, est connu pour son ouverture et sa volonté de défendre des valeurs, des individus avant des idéologies. Engagé dans la « communauté » française depuis de longues années, il nous livre un regard d’expérience sur les législatives de 2012.

Participer à cette élection c’est un petit peu voter pour nous-mêmes !

QC2012 : M. Marcilhacy, vous avez été élu pendant plusieurs années Conseiller des Français de l’Etranger. Votre expérience de terrain en tant qu’élu local nous paraît pertinente pour comprendre les législatives en Amérique du Nord. Pour vous, quel rôle aura à jouer le député de la circonscription ?

Emmanuel Marcilhacy : Le député de la circonscription devrait à mon avis avoir un quadruple rôle à assumer au cours de son mandat à savoir :

  1. Un rôle pédagogique : Expliquez au sein de son groupe politique à l’Assemblée Nationale et aux députés de métropole qui sont réellement les Français expatriés de notre circonscription. Établir une forme de photographie sociologique permettrait de voir qu’il existe une grande diversité d’expatriés qui correspond à la diversité française et que non, notre communauté dans sa grande majorité n’est pas constituée d’exilés fiscaux, de gens riches et célèbres ou de je ne sais quelle catégorie privilégiée. La multitude des professions exercées par nos compatriotes, la représentation de toutes les classes sociales et les raisons multiples liées à l’expatriation font qu’il est absolument nécessaire de rétablir une certaine vérité afin d’éviter des initiatives malheureuses que nous avons vu fleurir vis-à-vis des Français de l’Étranger notamment au niveau fiscal, au niveau de leur droit civique ou au niveau de leur citoyenneté. Je reste convaincu que les Français de l’Etranger sont une chance pour la France et non l’inverse.
  2. Un rôle de contrôle et d’initiateur législatif : En tout premier lieu, s’assurer que les lois proposées par le gouvernement ou par tous les autres députés métropolitains n’aillent pas à l’encontre des intérêts des Français de l’Etranger et qu’ils ne soient pas oubliés dans les textes législatifs comme ce fût le cas dans le passé. Être un initiateur de projet de loi susceptible d’améliorer les choses qui peuvent l’être lors de son mandat, tant pour l’expatriation que pour le retour en France et pour les relations entre ses mandants et les différentes administrations françaises. Enfin, faire les suivis nécessaires auprès des administrations, des corps diplomatiques et autres, afin de soulever les différents problèmes et de tenter d’y apporter des solutions.
  3. Un rôle de terrain : Représenter les citoyens de sa circonscription exige une connaissance certaine des réalités vécues sur ladite circonscription. L’étendue de celle-ci fait que les réalités ne sont pas forcément les mêmes à Montréal qu’à New York ou ailleurs et qu’il faut être capable d’avoir une radiographie précise de son territoire afin d’assumer au mieux son rôle et d’y être efficace.
  4. Un rôle d’initiateur d’idées pour la France. Idée positive et constructive, peut-être saugrenue, mais qui me tient à cœur. Il existe dans cette circonscription des choses et ce dans tous les domaines (économiques, emploi, sociales, éducatifs, culturels ou autres) que nos pays d’adoption réussissent très bien et qui pourraient être regardées afin de voir si des façons de faire ne pourraient pas être bénéfiques pour la France en ces temps de crise. Notre député pourrait à cet effet, contribuer à mon projet et collaborer à la création d’une dynamique dans la circonscription afin d’écouter ses mandants qui ont souvent, par leur expérience vécue à l’étranger et par leur discernement, des bonnes idées à émettre. Ce projet pourrait s’intituler : « des idées pour la France ! » et un petit livre blanc pourrait être élaboré afin d’en faire un outil de réflexion et d’apport de solution au sein des différentes commissions de l’Assemblée Nationale. Bien entendu les conseillers à l’Assemblée des Français de l’Étranger devraient y prendre une part active. Je reste convaincu que bon nombre de nos concitoyens de l’étranger seraient heureux d’être impliqués dans une telle démarche car beaucoup souhaite sincèrement la réussite de la France.

QC2012 :  D’après vous, quelles vont être les relations entre le député, forcément marqué politiquement, et les conseillers de l’Etranger, issus d’un scrutin où la couleur politique est de moindre importance ? Sur quelle base pourrait se construire la collaboration entre ces élus ?

EM : L’AFE bien que trop méconnue et n’ayant que peu de pouvoir parce qu’elle n’a qu’un rôle consultatif est peut-être l’assemblée la plus sage et la moins idéologique dans son fonctionnement. Bien que les plus grands partis soient représentés, il faut savoir que la grande majorité des vœux et des motions émis par cette assemblée sont adoptés à l’unanimité. Par ailleurs, observation est ici faite qu’à part quelques rares exceptions, les conseillers, bien qu’ayant des opinions politiques divergentes, sont capables, sur le terrain de travailler ensemble voir même de s’entraider en fonction de leur compétence diverse. Défendre des idées pour aider nos compatriotes et non se servir des individus pour défendre des idéologies devrait être la maxime des futurs députés de l’étranger. Sans renier leurs convictions, il m’apparaîtrait opportun que les nouveaux députés s’adaptent à la manière dont la plupart des conseillers à l’AFE remplissent leur mandat pour être dans la même mouvance. De ce fait, le Conseiller à l’AFE pourrait être un relais de terrain très précieux car il connaît généralement très bien la communauté qu’il représente et les différents problèmes vécus par celle-ci.

QC2012 : Enfin, comment voyez-vous ces élections législatives ? Scrutin plus national, ressemblant plus aux élections présidentielles, ou, au contraire, scrutin plus local à la manière de l’AFE avec un fort taux d’abstention ?

EM : Je ferai une réponse de Normand : Un peu des deux. Les motivations des électeurs sont à mon point de vue de deux ordres : certains vont voter, par conviction, pour un parti ayant des attaches avec celui-ci depuis fort longtemps souvent issues de leur vie en France ou de ce qu’ils ne veulent pas pour la France. D’autres en font une élection plus personnalisée et sont très attachés à la personne qui va les représenter, et à la connaissance que celle-ci a des réalités de terrain de notre circonscription. De ce fait ce scrutin reste à mon avis à la fois avec une connotation nationale et locale.
En conséquence, je pense que le taux de participation devrait se situer entre les élections présidentielles et les élections à l’AFE, bien que je souhaite me tromper, car je reste convaincu pour les raisons citées plus haut de la chance que nous avons de pouvoir élire un député et j’en appelle à la mobilisation des électeurs pour cette grande première ! Participer à cette élection c’est un petit peu voter pour nous-mêmes !

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