Interview de Karel Vereycken, candidat aux législatives 2012 : je ne suis pas candidat pour être un ambassadeur

Karel Vereycken est le candidat de Solidarité et Progrès, le parti du candidat à la présidentielle de 2012 M. Cheminade. Ce candidat atypique, qui n’a jamais vécu dans la 1ère circonscription, a bien voulu répondre à nos questions et expliquer un peu plus sa candidature.

QC2012 : M. Vereycken, en tant que candidat du parti de M. Cheminade, vous devez être conscient du peu de succès de ce candidat en Amérique du Nord. Quelles sont vos attentes par rapport à cette campagne ? Conquérir un mandat ? Un message à passer ? Une idéologie à porter ?

Karel Vereycken : 0,25 ? C’est peu, mais c’était le pourcentage des passagers du Titanic qui avaient conscience que foncer sur un iceberg mettait leurs vies en danger. Le succès d’un visionnaire ne se mesure pas à l’aube de son score électoral. En vérité, comme en témoignent les milliers de lettres que nous avons reçues, nous estimons que près de 10 pourcent des Français ont été intéressés, voir séduits par le programme de Jacques Cheminade avant de… « voter utile » pour quelqu’un d’autre.

Pourtant, après les pertes de JP Morgan Chase provoquées par des spéculations insensées, toute l’Amérique du nord, à part Barack Obama et les banques de Wall Street qui lui fournissent l’argent pour se faire réélire, s’accorde avec Jacques Cheminade et Lyndon LaRouche pour exiger le retour d’une législation (Glass-Steagall Act) séparant d’une façon stricte les banques de crédit – qui doivent servir l’économie réelle – et les banques d’affaires spéculatives auxquelles il faut offrir le droit de mourir dans la dignité.

En France, le Parti socialiste a inscrit cette réforme dans son programme et François Hollande, lors de son discours du Bourget le 22 janvier, a promis d’en finir avec l’omnipuissance de la finance. Ma candidature vise à maintenir la pression pour qu’il tienne promesse et qu’il aille plus loin en rétablissant une politique de crédit productif public permettant le financement de grands travaux utiles.

QC2012 : On peut s’interroger sur votre motivation à participer à cette élection. Vous ne connaissez pas la circonscription pour y avoir jamais vécu. Est-ce que finalement, votre candidature n’est pas motivée par un objectif moins avouable : celui de récupérer le montant par voix remis aux partis pour chaque candidat qui dépasse les 1% ?

KV : Comme je l’ai affirmé à plusieurs reprises, je ne suis pas candidat pour être un ambassadeur mais pour devenir député de la République française, c’est-à-dire au service de tous les Français, peu importe où ils résident. La France peut être un catalyseur d’un changement global de la règle du jeu et cela profitera nettement aux Français vivant en Amérique du nord.

A part cela, l’homme peut connaître des choses sans les avoir touchées du doigt. Invité par mes amis canadiens, j’ai eu l’occasion de faire des conférences à Ottawa et à Montréal, ce qui m’a permis d’avoir des échanges. Dans certains domaines, les Canadiens ont réussi à faire la synthèse entre le meilleur de la culture française et le meilleur de la culture des Etats-Unis. J’ai une certaine admiration pour la façon dont les Canadiens, contrairement aux Français, arrivent à se concerter dans certains domaines, que ce soit pour résoudre leurs problèmes de logement ou pour encadrer leur production de lait. Par rapport à la France, en moyenne, le producteur de lait y touche un meilleur prix au litre alors que le consommateur y paye son lait moins cher.

Avec Jacques Cheminade, je me révolte contre le scandale du financement de la vie politique en France. Alors que les grands partis engrangent des millions d’euros de financement public, les nouveaux arrivants ont bien du mal à exister. La tentation est donc très grande, pour des partis monothématiques comme par exemple celui des Pirates, de parachuter des candidats dans des circonscriptions « lowcost ».

Je ne cède pas à cette tentation. Si mon parti Solidarité & Progrès n’avait cherché qu’à présenter les 75 candidats requis pour permettre un passage de 7 minutes 30 à la télévision nationale, il aurait présenté une candidature à Saint-Pierre-et-Miquelon, avec 6000 habitants à la hauteur de toutes les bourses ! Quant à l’obtention du financement public accordé aux formations politiques disposant de plus de 50 candidats ayant obtenus le score de 1%, nous n’en sommes pas là pour l’instant.

QC2012 : Si vous êtes élu, quelles seront vos deux priorités pour la première circonscription d’Amérique du Nord ? Et pourquoi celles-là ?

KV : La première sera la réforme du système bancaire que je viens d’esquisser. Une fois qu’on fera sauter le verrou financier, l’austérité et les coupes
budgétaires ne seront plus des fatalités. On pourra alors se concentrer sur l’essentiel : la valorisation de la créativité humaine et le savoir-faire scientifique et technologique de nos populations afin de nourrir les 9 à 12 milliards d’hommes que nous serons en 2050. Pour cela, les Etats-Unis, le Canada et la France doivent intensifier leur coopération, comme le fit de Gaulle au cours des années 60 en signant de nombreux accords entre la France et le Québec, dans le domaine du nucléaire du futur et de l’exploration spatiale. Ce n’est qu’en travaillant aux frontières de la science que l’homme progresse. Ces projets sont détaillés sur mon blog http://www.karelvereycken.fr et sur le site de Solidarité & Progrès :
http://www.solidariteetprogres.org

QC2012 : Dans votre Interview récente sur France-Amérique, vous ne parlez que des Etats-Unis. Vous souvenez-vous qu’il existe un autre pays dans la circonscription : le Canada ? Et quelle est la part de votre programme pour le Canada et les nombreux Français qui y résident ?

KV : Le Canada a conservé le goût d’être pionnier et cultive des relations beaucoup moins confrontationnistes à l’égard d’autres pays, comme par exemple avec la Russie et la Chine. Ses immenses ressources sont, comme celles de la Russie, une des clefs de l’avenir de l’humanité et je dirais même de la paix mondiale. La création d’un tunnel sous le détroit de Béring, la mise en valeur de l’Arctique avec les nouvelles routes maritimes qui s’ouvrent, et l’optimalisation des eaux du Yukon et du McKenzie grâce au projet continental d’aménagement et de transfert hydrologique NAWAPA (North American Water and Power Alliance), constituent des chantiers immenses pour toute l’Amérique du nord. Les besoins en main d’ouvre seront tellement immenses qu’il va falloir attirer, grâce à des bons salaires, de la main d’ouvre d’ailleurs. Tout cela nécessite une coopération internationale qui brisera l’enfermement sur soi et permettra de recentrer les relations internationales sur les objectifs communs de l’humanité.

QC2012 : Si la circonscription législative Amérique du Nord est hétérogène, force est de constater que le Québec forme un espace à part : forte concentration de Français, tissu associatif dense, milieu de vie en Français et réalité économique très diverse avec des Français qui ont des niveaux de vie parfois très bas. Comment envisageriez-vous le Québec et sa réalité bien différente si vous étiez élu député ?

KV : Pour relever le niveau de vie général, je viens d’indiquer quelques éléments. D’un point de vue culturel, j’ai la conviction que la société québécoise est souvent moins fractionnée que la française et que l’envie de partager une aventure commune y reste plus vivante qu’ailleurs. A mon sens  il est très important de promouvoir ensemble toute la richesse de la culture française, en faisant découvrir la vision profondément humaniste et libre d’un François Rabelais par exemple. Aujourd’hui en France, la liberté dans la langue est associée au franglais, qui est en réalité une nouvelle forme d’asservissement. Par ailleurs, les Québécois et l’ensemble des Canadiens sont, tout en étant plus ouverts sur le monde extérieur que les français, paradoxalement plus soucieux de leur souveraineté, ce qui peux constituer une excellente leçon pour la France. J’ai donc tendance à dire comme Charles De Gaulle : Vive le Québec libre ! Vive la France… [libre !]

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6 réflexions sur “Interview de Karel Vereycken, candidat aux législatives 2012 : je ne suis pas candidat pour être un ambassadeur

  1. […] Quand les élections françaises s’invitent dans la belle province mai 18 2012 […]

  2. […] l’impression qu’on envisage le député pour ce qu’il ne sera pas. Au risque de reprendre les termes de Karel Verneycke, le député ne sera pas un ambassadeur ou un super élu. Je sais que la taille de la […]

  3. […] Les articles dans la presse jouent aussi un rôle. La plupart des candidats ont eu droit à quelques mentions dans la presse régionale. Radio6 a ouvert ses ondes à Benjamin Bak. France3 a donné la parole à Alexandre Noury et à Johanna Clerc. Jean-Marie Mangin, le maire de Varmonzey a pu s’exprimer sur Vosges Télé et Maëlle Mercier sur Yvelines Première. Karel Vereycken a été interviewé par France-Amérique et Quebec2012. […]

  4. […] Les articles dans la presse jouent aussi un rôle. La plupart des candidats ont eu droit à quelques mentions dans la presse régionale. Radio6 a ouvert ses ondes à Benjamin Bak. France3 a donné la parole à Alexandre Noury et à Johanna Clerc. Jean-Marie Mangin, le maire de Varmonzey a pu s’exprimer sur Vosges Télé et Maëlle Mercier sur Yvelines Première. Karel Vereycken a été interviewé par France-Amérique et Quebec2012. […]

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  6. […] Les articles dans la presse jouent aussi un rôle. La plupart des candidats ont eu droit à quelques mentions dans la presse régionale. Radio6 a ouvert ses ondes à Benjamin Bak. France3 a donné la parole à Alexandre Noury et à Johanna Clerc. Jean-Marie Mangin, le maire de Varmonzey a pu s’exprimer sur Vosges Télé et Maëlle Mercier sur Yvelines Première. Karel Vereycken a été interviewé par France-Amérique et Quebec2012. […]

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