Interview Yann Rousselot-Pailley, fondateur du CERF : le député aura besoin des associations

Yann Rousselot-Pailley est le fondateur du Cercle des Entrepreneurs et Réseauteurs Français, association regroupant des entrepreneurs français au Québec. Sensible aux questions communautaires autant que québécoises et canadiennes, impliqué professionnellement des deux côtés de l’Atlantique, il est un acteur important des associations françaises à Montréal.

QC2012 : En tant qu’acteur de la vie associative française au Québec, pour vous, quelles devraient être les 2 priorités du futur député qui sortira des urnes le 16 juin prochain ?

Yann Rousselot-Pailley : Notre communauté est l’une des plus importantes à l’extérieur de l’Europe. Les français qui choisissent l’Amérique du Nord sont, plus que tout autre expatriés, susceptibles d’apporter un regard différent, mais constructif, sur la France. Le député aura donc tout intérêt à collecter ces données, les synthétiser et essayer d’enrichir les débats à l’Assemblée Nationale – qu’ils concernent ou pas les français de l’étranger d’ailleurs. La France vit actuellement une période cruciale de son histoire. Toute bonne idée, qu’elle qu’en soit la source est bonne à prendre. Une seconde priorité sera de veiller à ce que les droits des français de l’étranger se soit pas bafoués « par mégarde » par une Assemblée Nationale trop occupée à chercher à régler les problèmes économiques et sociaux de métropole.

QC2012 : Si le futur député élu n’était pas issu du Québec, pensez-vous que ce serait un problème pour les Français du Québec et la prise en compte de leur réalité bien particulière en Amérique du Nord ?

YRP : Cela pourrait se produire et je crois qu’on y perdrait l’avantage d’avoir un représentant formé, connaisseur, des réalités américaines. Quelqu’un qui serait au Québec depuis longtemps pourrait aussi faciliter l’échange. Les français du Québec créent de la valeur, une valeur qui échappe à la France. Pourtant, la plupart n’attendent qu’une occasion de pouvoir faire profiter leur pays d’origine de ce qu’ils ont créés. Un député bien intégré au tissu local pourrait servir d’intermédiaire de choix entre ces entrepreneurs et les bons interlocuteurs de métropole.

QC2012 : Que pensez-vous du débat autour des candidats qui ne vivent pas dans la circonscription ? Autrement dit, selon vous, est-ce que le fait que le candidat vive dans la circonscription est essentiel pour une bonne représentation et pour la crédibilité de son programme et de son action ?

YRP : Les Nord-Américains que nous sommes se sont rapidement accommodé du concept du député qui « représente les intérêts » de sa circonscription. Mais dans le système français, le député représente la Nation. Il ne représente pas des gens en particulier. En conséquence, cette Assemblée Nationale, vote les lois au nom du peuple français. Les députés canadiens eux, votent au nom de leur circonscription. C’est une nuance mais elle crée de la confusion entre les rôles des députés français et anglo-saxons. Mais elle crée aussi des attentes illégitimes à mon avis. Comme je le disais précédemment, le député de l’étranger, devrait se donner un rôle particulier de facilitateur pour les entrepreneurs de sa circonscription, afin qu’ils apportent à la France. Ce rôle est indépendant de tout partis, de tout programme, et il n’a qu’un but : créer de la richesse en France. Mais le député à une mission prépondérante : débattre et voter des lois. Tout autre but qu’il se fixerait serait bien évidemment subordonné à sa mission première.

QC2012 : Comment envisagez-vous la relation entre le futur député et les associations locales ? Est-ce que son aspect « politisé », membre d’un parti, peut être un frein ou un problème pour une collaboration avec les associations ?

YRP : Une fois élu, le député doit représenter le peuple français. Son appartenance à tel ou tel parti, n’a vraiment d’influence qu’en chambre. Il suivra une ligne de parti, et le programme économique qui y est attaché. Mais cette personne, reste un être humain, sensible aux problèmes que les français de sa circonscription rencontrent. Les associations locales sont de bons moyens d’intervenir, d’apporter de l’aide. Je pense donc que ce ne sont pas les associations qui ont besoin d’un député, mais bien le député qui aura besoin de ces organismes sur lesquels il/elle pourra compter pour que l’aide soit offerte à ses compatriotes. Ici,ni CAF, ni centres sociaux municipaux, ni maison des jeunes sur lesquelles s’appuyer. En tant qu’acteur de la vie associative française au Québec je dirais que le député aura plus besoin de nous que nous de lui, en tout cas en ce qui concerne l’action locale.

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Une réflexion sur “Interview Yann Rousselot-Pailley, fondateur du CERF : le député aura besoin des associations

  1. […] en juin 2012 représentera la nation dans son ensemble. Une des personnes interrogées sur ce blog, Yann Rousselot-Pailley fondateur du CERF, rappelait bien ce rôle et ce statut du député, représentant du peuple et de la nation. Mais, […]

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