Interview de Carole Granade : ce n’est pas ma position qui est centrée sur San Francisco mais mon expérience

Carole Granade est candidate aux législatives 2012 avec l’étiquette MoDem. Installée en France depuis quelques mois, elle jouit toutefois d’une expérience de 15 ans à San Francisco, dont huit à la tête de la Chambre de Commerce Franco-américaine de cette ville.

QC2012 : Mme Granade, les résultats du MoDem au premier tour dans la circonscription le place à 12%. C’est peu face aux poids de la gauche (PS) et de la droite (UMP). Mais pensez-vous que la division dans les deux camps peut vous donner la possibilité d’être au second tour ?

Carole Granade : Nous le savons maintenant, il y aura 18 candidats. Chacun a sa chance. Je préfère croire que c’est le sérieux de mon engagement au service des français de l’étranger et mon projet qui me porteront au second tour plutôt que les conséquences politiciennes des divisions à droite et à gauche. Par ailleurs en tant que députée du Centre pour la France je m’inscrirai dans une opposition constructive et vigilante à la politique du PS. Parce que en matière économique notamment je crois qu’il faut des gardes fou. Je ne rejoindrai pas pour autant le groupe UMP dans une opposition systématique qui divise.

Je souhaite porter la voix des Français d’Amérique du Nord dans l’hémicycle car je pense que de par leur expérience ils ont beaucoup à apporter au débat national, ce au delà des traditionnels clivages droite/gauche. Ceux qui pensent qu’il faut pour la France un courant politique constructif qui refuse à la fois la participation complaisante et l’opposition de principe, mais prône l’esprit de responsabilité et d’unité nationale se retrouveront dans ma candidature.

QC2012 : Votre position très centrée sur San Francisco est souvent critiquée. Vous et votre suppléant êtes de San Francisco, une ville où le MoDem n’a pas connu un succès particulier et reste dans la moyenne de la circonscription. Ne croyez vous pas que malgré votre réseau du MoDem à travers tout le continent, votre candidature ait du mal à s’imposer hors de Californie ?

CG : Ce n’est pas ma position qui est centrée sur San Francisco mais mon expérience, puisque c’est là où j’ai vécu 15 ans et où je me suis engagée au service de la communauté française. J’ai par ailleurs travaillé au delà de cette région, m’impliquant dans le réseau national (et international des Chambres de Commerce). Cette expérience me parait tout à fait transposable en dehors de Californie même si chaque région a ses spécificités. Etant donné l’étendue de notre circonscription je crois que tous les candidats sont logés à la même enseigne. Par ailleurs j’ai choisi mon suppléant non par calcul politique ou géographique, mais parce que nous partageons les mêmes valeurs démocrates et humanistes, que je respecte profondément son parcours et je sais que nous travaillerons ensemble de manière efficace pour nos concitoyens. Et enfin je m’appuie sur une équipe, les démocrates d’Amérique du Nord, répartie entre le Canada et les USA. Cette équipe me permet et me permettra si je suis élue, en plus de mes voyages dans la circonscription, de rester en contact permanent avec le terrain.

QC2012 : Si vous êtes élue, quelles seront vos deux priorités pour la première circonscription d’Amérique du Nord ? Et pourquoi celles-là ?

CG : Si je suis élue, mes priorités seront pour l’éducation et le soutien à la mobilité. Sur l’éducation française, alors que le Président Hollande en visite à Washington confirme qu’il souhaite supprimer la Prise En Charge, je pense qu’il faut au contraire la maintenir et l’étendre en complémentarité du système de bourse dont les critères d’attribution doivent être révisés. Ces deux systèmes combinés sont pour moi ce qu’il y a de plus juste. Par ailleurs il faut à tout prix soutenir et coordonner le développement de programmes locaux de type FLAM. Concernant la mobilité, parque celle-ci est une richesse pour tous et pour la France, il faut soutenir et faciliter celle des entrepreneurs, des étudiants, et bien sûrs des familles. Cela passe par la protection de nos droits à la double nationalité, à une fiscalité équitable (non à la taxation des français de l’étranger), des droits sociaux et par une meilleure information pour les français qui partent ou qui rentrent.

Mais au delà des préoccupations « locales » je souhaite activement m’engager dans le débat national notamment pour une situation budgétaire saine (baisse des dépenses, fiscalité efficace), une soutien efficace à l’entrepreneuriat et une moralisation de la vie publique.

QC2012 : Autre élément qui est souvent utilisé pour vous discréditer, votre lieu de résidence. Vous ne vivez plus en Amérique du Nord. Certes, votre mandat vous imposera Paris, mais tout de même, n’est-ce pas un problème supplémentaire pour vous faire accepter dans l’ensemble de la circonscription ?

CG : Au contraire, c’est une question d’honnêteté. Après 15 ans aux Etats Unis ma famille et moi sommes venus nous installer à Lyon depuis 8 mois. Notre démarche est simple et claire: permettre à nos enfants, nés aux Etats Unis, de connaitre mieux leur culture d’origine. Si mes opposant veulent utiliser cela à mon encontre jusqu’à me faire passer pour une candidate parachutée, soit, c’est assez facile pour moi de contrecarrer sur ce point vu mon expérience. Cette situation au contraire m’apporte un double avantage: celui d’avoir l’expérience de la ré-impatriation que les électeurs de la circonscription connaitront peut être un jour, et la garantie que je serai une députée active et présente à l’Assemblée.

QC2012 : Si la circonscription législative Amérique du Nord est hétérogène, force est de constater que le Québec forme un espace à part : forte concentration de Français, tissu associatif dense, milieu de vie en Français et réalité économique très diverse avec des Français qui ont des niveaux de vie parfois très bas. Comment envisageriez-vous le Québec et sa réalité bien différente si vous étiez élue député ?

CG : Un des défis du représentant de notre circonscription est justement l’étendue et la diversité de celle-ci. Les Français du Québec vivent sur un territoire pluriculturel, ouvert sur le monde, mais attaché à la défense de son identité et de sa langue que nous partageons. Ils sont donc souvent partie prenante dans la défense de ces particularismes. Ils ont des préoccupations qui leur sont propres: par exemple le souci de reconnaissance des diplômes et qualifications malgré les accords en place.

En m’appuyant sur une équipe répartie sur l’ensemble de la circonscription avec notamment un membre très impliqué au Québec je serai au fait de ces particularités. Mais si cette cette diversité est une richesse, il ne faut pas oublier qu’un député est le représentant de tous les français et doit avoir le soucis de travailler dans l’intérêt de tous avant les intérêts particuliers.

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