Les associations françaises de Montréal et le futur député

Trois membres d’associations, trois Français actifs dans le réseau d’associations françaises de Montréal ont bien voulu répondre à nos questions sur leur vision du rôle du futur député.

Dominique Smiley est  une Française très active de Montréal, anciennement membre du CA de l’Union française et actuellement membre du mouvement Ici pour demain.

Romain Lortille-Bruel était candidat aux élections à l’Assemblée des Français de l’Etranger en juin 2009. Il est aujourd’hui président de l’association France-Canada.

Jacques Tessier est l’actuel président de la plus ancienne association française de Montréal, l’Union française.

Si leurs positions ne sont pas les mêmes et divergent sur certains points, elles intéresseront certainement les candidats encore en lice…

QC2012 : En tant qu’acteur de la vie associative française au Québec, pour vous, quelles devraient être les 2 priorités du futur député qui sortira des urnes le 16 juin prochain ?

Dominique Smiley : Sans importer ici les modèles français qui n’ont pas leur place, le député doit être au fait de la réalité du terrain pour défendre et protéger les Français qui arrivent en nombre croissant depuis quelques temps et sont pour la plupart très mal préparés à ce qui les attend ici.

Romain Lortille-Bruel : Pour moi, les deux priorités sont clairement la situation socio-économique des ressortissants français et l’accès à l’éducation.

Jacques Tessier : Je ne suis pas certain que les élections législatives soulèvent beaucoup d’enthousiasme auprès de la Communauté française. Cependant je pense qu’il faut donner la chance à ces nouveaux élus. Ils doivent être très proches des aspirations de leurs électeurs et surtout disponibles.

QC2012 : Si le futur député élu n’était pas issu du Québec, pensez-vous que ce serait un problème pour les Français du Québec et la prise en compte de leur réalité bien particulière en Amérique du Nord ?

DS : Un problème ? Sans doute . Et un handicape certainement !
Comment voulez vous comprendre et gérer ce qui se passe au sein d’une communauté si vous n’avez aucune idée de ce qui constitue le pays d’accueil. Le Québec ce n’est pas l’Europe mais l’Amérique ! Il n’est pas crédible.

RLB : Cela serait certes dommageable, mais la démocratie suppose que l’élu, s’il n’est pas issu d’une région particulière, représente l’ensemble des citoyens de sa circonscription

JT : La proximité est un facteur important. Montréal ayant la plus importante concentration de français, il faudra que le député élu ait un bureau et un représentant disponible quelques jours par mois. Advenant l’impossibilité  d’un contact possible en personne, rien ne sera changé.

QC2012 : Que pensez-vous du débat autour des candidats qui ne vivent pas dans la circonscription ? Autrement dit, selon vous, est-ce que le fait que le candidat vive dans la circonscription est essentiel pour une bonne représentation et pour la crédibilité de son programme et de son action ?

DS : Oui ! Que penser d’un candidat parachuté depuis Paris, sans connaissance d’ici….Rien de bien, de positif !!!

RLB : Cela peut avoir son importance, toutefois ne pas résider à un endroit ne détermine pas la bonne ou mauvaise connaissance des dossiers. L’élu peut très bien y avoir séjourné par le passé ou être familier des enjeux.

JT :  Je pense que la déception sera grande si notre député est à des milliers de kilomètres des lieux du combat.

QC2012 : Comment envisagez-vous la relation entre le futur député et les associations locales ? Est-ce que son aspect « politisé », membre d’un parti, peut être un frein ou un problème pour une collaboration avec les associations ?

DS : Selon ma conception, les associations se doivent d’être non politiques. Elles se veulent accueillantes pour tous donc doivent être non partisanes. Le député est là pour défendre, accompagner, épauler les associations et leurs membres qui tous ne se reconnaîtront pas en lui, en son parti. Puisque membre d’un parti, il faudra qu’il ait l’intelligence, l’habilité de remplir son rôle de député sans imposer son idéologie politique aux associations. Mais sans doute suis je une grande rêveuse…

RLB : L’élu devra consulter au maximum les acteurs locaux s’il veut être fidèle à la réalité. L’aspect partisan est discutable, mais semble inévitable dans un contexte d’élection législative. Il l’est d’ailleurs déjà dans le contexte de l’AFE, ce qui est dans ce cas nettement plus problématique.

JT : Les grandes associations françaises vont toujours se tirer d’affaires avec ou sans député. Pour les cas importants, il y a toujours des instances plus efficaces qu’un simple député dont les pouvoirs sont très limités. Cette initiative du Gouvernement français doit faire ses preuves et il est difficile présentement de spéculer sur le mieux être des expatriés français.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :