Pourquoi je voterais Corinne Narassiguin, si j’étais encore en Amérique du Nord

Avant toute chose, avant d’entrer dans le vif du sujet, je tenais à rassurer les lecteurs de ce blog. Je ne suis pas pris d’une crise de mégalomanie qui me pousserait à croire que mon avis pèse dans la balance ou compte dans cette campagne. Non, ma démarche ici est plutôt celle de la transparence et s’inscrit dans la logique de ce blog, la réflexion. Je partage ici ma réflexion, une réflexion personnelle qui n’engage que moi.

Un premier bilan

Je suis de centre gauche et je ne m’en suis jamais caché. J’ai été par le passé président du MoDem Canada, mais aujourd’hui, je ne suis membre d’aucun parti. Mon engagement au MoDem reposait sur l’idée qu’il fallait sortir d’un certain bipartisme PS/UMP et qu’un centre indépendant devait exister. Un centre indépendant, pour moi, c’était un parti au sein duquel des individus de centre-gauche et de centre-droit pouvaient faire une certaine synthèse de deux modèles politiques, pouvaient servir d’intermédiaire entre deux tendances politiques qui gagnent à échanger, à communiquer.

Pendant cette campagne, et grâce à ce blog, j’ai pu échanger avec des candidats ou des membres d’équipes de campagne de toutes les tendances (sauf l’extrême-droite). Cela m’a permis de voir les choses différemment, de m’intéresser de manière non partisane aux programmes, aux hommes et aux femmes derrière les professions de foi et les photos officielles. Plutôt que de rester sur une vision négative de cette campagne, des coups bas, des mots qui blessent et qui marquent les esprits, et si je dresse le bilan de ce premier tour, je vois dans ces 16 candidats (si j’enlève les deux ralliements tardifs) des individus qui ont voulu s’engager, donner à leurs concitoyens de leur temps, de leur énergie pour aller les représenter à l’Assemblée nationale, pour porter des idées et des valeurs. Ne pas les partager, ne pas se reconnaître dans ces candidats, ne doit pas nous aveugler et nous empêcher de reconnaître leurs efforts et ceux de leurs soutiens, de leurs équipes.

Je sais qu’on a dénoncé un manque de débat ici ou là. De mon point de vue, je suis un peu plus mesuré. Je crois qu’il y a eu des propositions intéressantes, des discussions et que le débat, l’échange s’est porté sur le web, sur les discussions entre Français d’Amérique du Nord et surtout sur la réflexion collective. Pour reprendre, avec moins de brio, les termes de Serge Halimi, on envisage souvent le débat comme un conflit épique, une dispute avec ses coups, ses esquives. Mais le débat ne prend pas toujours cette forme théâtrale. Il est souvent plus brillant, plus porteur lorsqu’il repose sur l’échange, le développement et le cheminement d’idée et la discussion constructive. Je crois fortement que dans cette campagne, une réflexion collective et individuelle s’est mise en branle. Elle ne peut pas déboucher en quelques mois, quelques semaines sur quelque chose de tangible. Elle va durer, se construire et forger une conscience collective, une perception de la fonction de député des Français de l’Etranger et finalement nous comprendrons mieux qui est ce député et qu’est-ce qu’il peut réellement faire pour nous, pour la nation, pour la circonscription. C’est, à mon sens, le principal poids qui pèse sur ce premier député d’Amérique du Nord : celui de créer un modèle d’action et de gestion qui doit donner envie aux Français d’Amérique du Nord de s’impliquer, de voter dans 5 ans.

Personnellement, plusieurs candidates me rejoignaient et me mettaient devant un vrai dilemme :

Carole Granade, candidate du MoDem dont l’expérience et le farouche engagement étaient des éléments de poids. Mais elle me semblait trop à droite pour moi et surtout elle n’avait pas assez d’assise au Québec. Et mon coeur me poussait à croire qu’il fallait un député qui comprenne parfaitement le particularisme québécois.

Stéphanie Bowring, candidate du PRG. Sa double nationalité, sa connaissance du Canada mais aussi sa position au centre-gauche avaient de quoi me plaire. Mais je ne sentais pas de vrai réseau nord-américain derrière cette candidature.

Corinne Narassiguin du PS. Celle pour qui je voterais si je vivais encore en Amérique du Nord.

Une candidate qui connaît le Québec et la circonscription

J’ai rencontré Corinne Narassiguin à plusieurs reprises avant de quitter le Québec en juin 2011. Elle était à chaque fois à l’écoute et essayait de comprendre au mieux qui étaient ces Français vivant au Québec, quels étaient leur réalité et leurs besoins. Elle disposait depuis longtemps d’une équipe solide, bien implantée localement parmi lesquels des personnes impliquées que j’estime : Franck Scemama du PS Montréal et Marianne Bonnard du PS Québec.

Et puis Corinne Narassiguin connaissait bien la circonscription dans son ensemble et y avait également des équipes. Elle est une candidate de terrain ayant une base active et solidement implantée. C’étaient pour moi des critères importants.

Une candidate modérée en accord avec mes valeurs

Contrairement à ce qu’on a pu entendre et reposant sur la croyance de droite que tout ce qui est à gauche est un révolutionnaire en puissance, Corinne Narassiguin n’est pas une rouge mais bien une rose. Membre du PS, elle fait preuve d’une ouverture d’esprit qui tranche nettement avec l’idée d’un PS hégémonique et dogmatique. Son expérience dans le monde de la finance tout en défendant des valeurs de gauche ont su me convaincre qu’elle avait une lecture réaliste du monde contemporain, de ses enjeux tout en étant une femme de valeur et de principe. Et bien sûr ses valeurs de gauche, de partage, de solidarité me parlent d’autant plus que beaucoup de Français du Québec sont dans des situations précaires. Ils ont, selon moi, besoin de cette écoute active, d’un représentant qui défende les valeurs de la gauche.

Une candidate d’expérience et de réseau

De plus, Corinne Narassiguin est une candidate d’expérience. Elue Conseillère des Français de l’Etranger depuis 2009, membre de l’association Français du Monde depuis encore plus longtemps, elle connaît les dossiers de l’AFE, a une vision claire des besoins des Français de l’Etranger dans leur ensemble. Elle a aussi un réseau bien implanté à travers toute l’Amérique du Nord mais également dans toutes les circonscriptions de l’Etranger.

Une candidate de la majorité

Enfin, Corinne Narassiguin est une candidate de la majorité. Les sondages montrent qu’il n’y aura pas de cohabitation et que, s’il n’y aura pas de vague rose, il y aura bien une majorité de gauche à l’Assemblée nationale. Pour qu’un député puisse vraiment avoir du pouvoir il faut deux choses : qu’il fasse partie d’un groupe constitué à l’Assemblée ; qu’il fasse partie de la majorité et puisse ramener au plus haut niveau son expérience de l’étranger, faire entendre les concitoyens de sa circonscription.

Un suppléant hors-pair

Et que dire de son suppléant Cyrille Giraud. C’est une personne que je connais très bien, un ami proche. Ensemble nous avons été actifs au sein de Souriez, vous êtes Français !, collectif qui cherchait à dynamiser la communauté française, à créer du débat et à sortir des querelles de clocher. Savoir que Cyrille soutient Corinne Narassiguin, est son suppléant, un membre de poids dans son équipe, ne pouvait que crédibiliser encore plus sa candidature.

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Une réflexion sur “Pourquoi je voterais Corinne Narassiguin, si j’étais encore en Amérique du Nord

  1. […] qui ont créé un sentiment d’appartenance commun et un début de réflexion collective (cf. éléments abordés ici). Enfin, c’est sous-estimer terriblement le poids de l’après-campagne, cette chance de […]

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