Archives Mensuelles: juin 2012

Crédibilité et sincérité des candidats : tout se joue dans l’après-campagne

Annoncer que la crédibilité et la sincérité d’un candidat se vérifient dans l’après-campagne peut sembler une lapalissade. Oui, car quand on pense à l’après-campagne, on pense souvent au candidat victorieux, à celui qui doit gérer la victoire, assurer son mandat. Dans la situation qui nous préoccupe, ce candidat sera soit Corinne Narassiguin du PS, soit Frédéric Lefebvre de l’UMP. L’un ou l’autre aura alors 5 ans pour agir et se représenter devant les électeurs pour qu’ils jugent de la qualité du mandat effectué.

Mais, au lendemain du 16 juin prochain, ils seront 17 ex-candidats à la députation et 17 ex-candidats à la suppléance à retourner à la vie « normale », celle d’un citoyen français en Amérique du Nord, bien loin de l’agitation de la campagne, de cette course de quelques semaines préparée pendant des mois, grisante et riche en rencontres. On pourrait ajouter également les candidats avortés, ceux qui se sont déclarés, ici ou là et qui, pour des raisons diverses, ne sont pas allés jusqu’au bout de leur démarche. N’oublions pas non plus les équipes de campagne, ces réseaux actifs qui se sont données sans compter pour porter leur champion à la victoire.

Ces 34 citoyens, et tous ces autres, répartis aux quatre coins de la circonscription, ont construit, développé des projets et cherché à convaincre leurs concitoyens d’agir à leur tour et de leur donner les moyens d’agir.

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Les résultats du premier tour des législatives (Canada et USA) dans la 1ère circonscription des Français de l’Etranger

Aujourd’hui, le résultat s’impose de lui-même : pas de triangulaire dans la première circonscription et bien deux finalistes. A gauche, c’est Corinne Narassiguin, candidate de gauche, que tout le monde attendait au deuxième tour. A droite, si beaucoup pensaient que le candidat serait celui officiellement désigné par l’UMP, Frédéric Lefebvre, les dissidents espéraient encore. Mais le résultat est sans appel. Frédéric Lefebvre arrive en tête des candidats de droite avec 22,08% des suffrages. Son principal concurrent à droite se trouve être Emile Servan-Schreiber avec 6,69%, suivi de prêt par Julien Balkany.

Comme nous l’avions fait pour les présidentielles, nous avons ventilé les résultats des élections législatives par tendance. A gauche, nous avons regroupé les suffrages recueillis par Corinne Narassiguin, par Céline Clément (Front de gauche) et par Stephanie Bowring (PRG). Au centre, nous avons regroupé les voix de Carole Granade (MoDem) et celles de Philippe Manteau (ARES) ainsi que celles de Mike Remondeau, indépendant qui s’était rallié tardivement au candidat de l’ARES. Enfin, à droite, nous avons comptabilisé les voix d’Antoine Treuille, Christophe Navel, Emile Servan-Schreiber, Julien Balkany, Gérard Michon et Frédéric Lefebvre.

Pour l’ensemble de la circonscription, la droite et la gauche s’équilibrent :  43,99% pour la droite contre 43,54% pour la gauche. On pourrait mettre en cause le faible taux de participation 20,4% pour ce premier tour afin de justifier ce fort résultat de la gauche dans une circonscription que le droite voyait déjà comme gagnée il y a quelques mois encore. D’ailleurs, M. Michon, dans une de ces vidéos filmées pendant une rencontre de campagne, affirmait que le candidat de droite qui arriverait au second tour, serait le prochain député… il précisait qu’il restait à savoir qui serait le candidat de la droite au second tour.

Mais mettons ces résultats en perspectives avec les résultats du premier tour des présidentielles 2012 (cf. notre article sur la ventilation par tendance de la présidentielle). Nous décelions sur la circonscription un véritable équilibre entre la gauche et la droite. La première recueillant 42% des voix (avec le vote d’extrême-gauche) et la seconde 40% des voix.

Finalement, entre le premier tour de la présidentielle et le premier tour de la législative, l’équilibre se maintient. Seul le centre s’effondre et perd un peu moins de 6 points dans les suffrages exprimés. La gauche est donc loin d’avoir dit son dernier mot, mais elle dispose d’un faible report de voix.

Dès lors entre les deux forces, entre les deux candidats encore en lice, trois éléments vont faire la différence :

– le choix des électeurs du centre. Que feront ceux qui ont voté pour Carole Granade et Philipe Manteau ? Se déplaceront-ils et à qui donneront-ils leurs suffrages ? Philippe Manteau avec un positionnement très centre-droit, très libéral, verra certainement son électorat se porter sur la droite. Mais que fera l’électorat de Carole Granade ? Si l’on en croit les résultats du second tour des présidentielles, il se portera sur Corinne Narassiguin.

– la mobilisation des électeurs de l’extrême-droite. Ces électeurs ne voteront pas socialistes. Par contre, se déplaceront-ils pour voter à droite ? Ils sont néanmoins la chance de Frédéric Lefebvre : l’électorat qu’il peut récupérer le plus facilement et qui, avec leurs 4,29% l’aidera à se rapprocher des 50%

– le taux de participation. C’est la clé pour la gauche. Elle doit à la fois pousser son électorat à revenir voter pour le second tour mais aussi conquérir de nouveaux électeurs. Pour elle, le réservoir de voix est dans la masse des électeurs qui ne se sont pas déplacés.