Interview de Carole Granade : ce n’est pas ma position qui est centrée sur San Francisco mais mon expérience

Carole Granade est candidate aux législatives 2012 avec l’étiquette MoDem. Installée en France depuis quelques mois, elle jouit toutefois d’une expérience de 15 ans à San Francisco, dont huit à la tête de la Chambre de Commerce Franco-américaine de cette ville.

QC2012 : Mme Granade, les résultats du MoDem au premier tour dans la circonscription le place à 12%. C’est peu face aux poids de la gauche (PS) et de la droite (UMP). Mais pensez-vous que la division dans les deux camps peut vous donner la possibilité d’être au second tour ?

Carole Granade : Nous le savons maintenant, il y aura 18 candidats. Chacun a sa chance. Je préfère croire que c’est le sérieux de mon engagement au service des français de l’étranger et mon projet qui me porteront au second tour plutôt que les conséquences politiciennes des divisions à droite et à gauche. Par ailleurs en tant que députée du Centre pour la France je m’inscrirai dans une opposition constructive et vigilante à la politique du PS. Parce que en matière économique notamment je crois qu’il faut des gardes fou. Je ne rejoindrai pas pour autant le groupe UMP dans une opposition systématique qui divise.

Je souhaite porter la voix des Français d’Amérique du Nord dans l’hémicycle car je pense que de par leur expérience ils ont beaucoup à apporter au débat national, ce au delà des traditionnels clivages droite/gauche. Ceux qui pensent qu’il faut pour la France un courant politique constructif qui refuse à la fois la participation complaisante et l’opposition de principe, mais prône l’esprit de responsabilité et d’unité nationale se retrouveront dans ma candidature.

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Les associations françaises de Montréal et le futur député

Trois membres d’associations, trois Français actifs dans le réseau d’associations françaises de Montréal ont bien voulu répondre à nos questions sur leur vision du rôle du futur député.

Dominique Smiley est  une Française très active de Montréal, anciennement membre du CA de l’Union française et actuellement membre du mouvement Ici pour demain.

Romain Lortille-Bruel était candidat aux élections à l’Assemblée des Français de l’Etranger en juin 2009. Il est aujourd’hui président de l’association France-Canada.

Jacques Tessier est l’actuel président de la plus ancienne association française de Montréal, l’Union française.

Si leurs positions ne sont pas les mêmes et divergent sur certains points, elles intéresseront certainement les candidats encore en lice…

QC2012 : En tant qu’acteur de la vie associative française au Québec, pour vous, quelles devraient être les 2 priorités du futur député qui sortira des urnes le 16 juin prochain ?

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Ingérence ou pas : quelle action politique pour les députés français de l’étranger ?

L’ingérence et la non-ingérence. Voilà une question à laquelle les Français du Canada sont peut-être plus sensibles. Le « Vive le Québec Libre » de 1967 a dressé la table. Et les récentes discussions sur le vote des Français du Canada sur le territoire canadien pour les législatives ont réchauffé une relation complexe, un triangle diplomatique amoureux souvent compliqué.

L’élection du député semble raviver cette question. Ingérence ou non ingérence. Le nouveau député élu en juin 2012 représentera la nation dans son ensemble. Une des personnes interrogées sur ce blog, Yann Rousselot-Pailley fondateur du CERF, rappelait bien ce rôle et ce statut du député, représentant du peuple et de la nation. Mais, d’un autre côté, quoi qu’on en dise, il est également le représentant de ses compatriotes. C’est vrai en Amérique du Nord autant qu’en France. La preuve en est les vives et vindicatives réactions dans les circonscriptions où des candidats sont parachutés. Alors oui, les Français d’Amérique du Nord sont peut-être plus sensibles à un modèle parlementaire dans lequel le député représente des intérêts locaux (ceux de sa circonscription) mais, dans les faits, le député français n’en est pas éloigné. Les députés jouent un rôle au même titre que d’autres élus locaux lorsqu’il s’agit de favoriser des tracés de LGV et des arrêts de TGV dans certaines communes. Et qui a déjà assisté aux questions du mercredi au gouvernement n’a pu que constater que les députés sont au cœur des intérêts de leur circonscription. Les questions sont souvent d’un concret et d’un local saisissant… Le député se pose donc entre local et national. Cette situation a de quoi questionner, à partir du moment où ce député sera élu à l’étranger.

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Interview du Sénateur Richard Yung : les députés complèteront la représentation parlementaire de nos concitoyens qui vivent à l’étranger

Richard Yung, membre de l’Assemblée des Français de l’Etranger en 2000, sénateur PS représentant les Français hors de France depuis 2004, connaît bien les réalités des Français de l’Etranger. Il nous livre son point de vue sur l’élection des députés qui sortiront des urnes à la mi-juin 2012.

QC2012 : Le poste de député pour les Français de l’Étranger est nouveau. Il doit s’intégrer dans un réseau d’élus déjà existant : les Sénateurs des Français de l’Étranger, dont vous faites partie, et les Conseillers des Français de l’Étranger, qui élisent les Sénateurs. Pensez-vous que l’arrivée de ce nouvel élu, représentant des circonscriptions immenses, est un plus qui renforce la représentation des Français de l’Étranger au sein de la nation et dans ses décisions ?

Richard Yung : Je me réjouis de l’arrivée des députés représentants les Français établis hors de France. Ces élus viendront aux côtés des sénateurs compléter la représentation parlementaire de nos concitoyens qui vivent à l’étranger.

Je pense qu’ils permettront effectivement de renforcer cette représentation car le système bicaméral français accorde une place prépondérante à l’Assemblée nationale où se fait en général le cœur du débat. Grâce aux députés, les intérêts des Français établis hors de France seront donc mieux défendus.

Certes, les députés nouvellement élus doivent s’intégrer dans un réseau d’élus déjà existants mais comme c’est le cas dans les départements où il y a des maires, des conseillers généraux, des sénateurs, des députés… et cela ne pose aucun problème.

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Interview de Corinne Narassiguin: Il n’y a aucune incompatibilité entre socialisme et finance

Corinne Narassiguin est la candidate du Parti socialiste et d’ Europe Ecologie – Les Verts (grâce à son suppléant Cyrille Giraud). Elle est également Conseillère des Français de l’Etranger depuis juin 2009. Active à travers toute la circonscription depuis de longs mois (pour ne pas dire année), elle connaît bien la situation au Canada et au Québec.

QC2012 : Mme Narassiguin, les résultats de la gauche dans la 1ère circonscription pendant les présidentielles sont plutôt encourageants. F. Hollande recueille plus de 45% des suffrages. Comment analysez-vous ces résultats ? Y voyez-vous une possibilité pour votre candidature et la gauche de s’imposer lors du scrutin des législatives ?

Corinne Narassiguin : En effet nous pouvons nous réjouir de la nette progression de la gauche par rapport à l’élection présidentielle de 2007. Je salue notamment le très beau résultat de François Hollande au Canada, en particulier au Québec, il a réussi à améliorer le score de la gauche déjà haut en 2007. Si la droite reste majoritaire aux États-Unis, elle perd du terrain dans presque toutes les régions. Par ailleurs la participation beaucoup plus faible aux États-Unis qu’au Canada suggère un manque d’enthousiasme chez les électeurs de droite face à une gauche mieux mobilisée.
Dans ce contexte, avec la dynamique de la victoire de François Hollande d’une part et la cacophonie à droite pour ces élections législatives d’autre part, la victoire de la gauche en Amérique du Nord est à portée de main. J’y travaille depuis un an et demi à travers toute la circonscription en m’appuyant sur une équipe de bénévoles nombreuse, diverse et motivée.

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Interview Antoine Treuille : un député d’Amérique du Nord devra s’intéresser au sort de tous

Antoine Treuille est un homme d’affaire franco-américain, ancien président de la French-American Foundation, qui vit depuis plus de 30 ans aux Etats-Unis. Engagé depuis de nombreuses années dans la vie des Français des Etats-Unis, il est une des candidatures d’expérience en lice pour la députation.

QC2012 : M. Treuille, vous vous présentez comme un candidat de droite modérée et solidaire. Comment vous placez-vous sur l’échiquier politique français ? Droite humaniste ? Centre droit ? Néo-libéral ? Gaulliste ? A quel courant de la droite appartenez-vous ? Et pourquoi ce besoin de vous présenter ?

Antoine Treuille : Je pense que l’on peut être de droite tout en étant respectueux et attaché aux valeurs humanistes et sociales de la France. Si vous préférez le terme de droite humaniste, il me convient également. Ainsi, je défends l’idée que la France doit repenser la solidarité qui est à la base de la vie en société et cesser de stigmatiser certaines catégories de la population : immigrés, riches, pauvres, expatriés …

Il est important de présenter sa position sur l’échiquier politique de manière sincère et précise pour que les électeurs puissent voter en toute connaissance de cause. Surtout, je pense être le seul candidat de droite dans cette élection à représenter ces valeurs dont la France a pourtant tant besoin.

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Interview Yann Rousselot-Pailley, fondateur du CERF : le député aura besoin des associations

Yann Rousselot-Pailley est le fondateur du Cercle des Entrepreneurs et Réseauteurs Français, association regroupant des entrepreneurs français au Québec. Sensible aux questions communautaires autant que québécoises et canadiennes, impliqué professionnellement des deux côtés de l’Atlantique, il est un acteur important des associations françaises à Montréal.

QC2012 : En tant qu’acteur de la vie associative française au Québec, pour vous, quelles devraient être les 2 priorités du futur député qui sortira des urnes le 16 juin prochain ?

Yann Rousselot-Pailley : Notre communauté est l’une des plus importantes à l’extérieur de l’Europe. Les français qui choisissent l’Amérique du Nord sont, plus que tout autre expatriés, susceptibles d’apporter un regard différent, mais constructif, sur la France. Le député aura donc tout intérêt à collecter ces données, les synthétiser et essayer d’enrichir les débats à l’Assemblée Nationale – qu’ils concernent ou pas les français de l’étranger d’ailleurs. La France vit actuellement une période cruciale de son histoire. Toute bonne idée, qu’elle qu’en soit la source est bonne à prendre. Une seconde priorité sera de veiller à ce que les droits des français de l’étranger se soit pas bafoués “par mégarde” par une Assemblée Nationale trop occupée à chercher à régler les problèmes économiques et sociaux de métropole.

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Interview de Karel Vereycken, candidat aux législatives 2012 : je ne suis pas candidat pour être un ambassadeur

Karel Vereycken est le candidat de Solidarité et Progrès, le parti du candidat à la présidentielle de 2012 M. Cheminade. Ce candidat atypique, qui n’a jamais vécu dans la 1ère circonscription, a bien voulu répondre à nos questions et expliquer un peu plus sa candidature.

QC2012 : M. Vereycken, en tant que candidat du parti de M. Cheminade, vous devez être conscient du peu de succès de ce candidat en Amérique du Nord. Quelles sont vos attentes par rapport à cette campagne ? Conquérir un mandat ? Un message à passer ? Une idéologie à porter ?

Karel Vereycken : 0,25 ? C’est peu, mais c’était le pourcentage des passagers du Titanic qui avaient conscience que foncer sur un iceberg mettait leurs vies en danger. Le succès d’un visionnaire ne se mesure pas à l’aube de son score électoral. En vérité, comme en témoignent les milliers de lettres que nous avons reçues, nous estimons que près de 10 pourcent des Français ont été intéressés, voir séduits par le programme de Jacques Cheminade avant de… « voter utile » pour quelqu’un d’autre.

Pourtant, après les pertes de JP Morgan Chase provoquées par des spéculations insensées, toute l’Amérique du nord, à part Barack Obama et les banques de Wall Street qui lui fournissent l’argent pour se faire réélire, s’accorde avec Jacques Cheminade et Lyndon LaRouche pour exiger le retour d’une législation (Glass-Steagall Act) séparant d’une façon stricte les banques de crédit – qui doivent servir l’économie réelle – et les banques d’affaires spéculatives auxquelles il faut offrir le droit de mourir dans la dignité.

En France, le Parti socialiste a inscrit cette réforme dans son programme et François Hollande, lors de son discours du Bourget le 22 janvier, a promis d’en finir avec l’omnipuissance de la finance. Ma candidature vise à maintenir la pression pour qu’il tienne promesse et qu’il aille plus loin en rétablissant une politique de crédit productif public permettant le financement de grands travaux utiles.

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Interview d’Emmanuel Marcilhacy, ancien Conseiller des Français de l’Etranger, sur les élections législatives

Emmanuel Marcilhacy, ancien Conseiller des Français de l’Etranger pour le Québec et les Maritimes, vice-président de la section Canada Parti Radical, est connu pour son ouverture et sa volonté de défendre des valeurs, des individus avant des idéologies. Engagé dans la “communauté” française depuis de longues années, il nous livre un regard d’expérience sur les législatives de 2012.

Participer à cette élection c’est un petit peu voter pour nous-mêmes !

QC2012 : M. Marcilhacy, vous avez été élu pendant plusieurs années Conseiller des Français de l’Etranger. Votre expérience de terrain en tant qu’élu local nous paraît pertinente pour comprendre les législatives en Amérique du Nord. Pour vous, quel rôle aura à jouer le député de la circonscription ?

Emmanuel Marcilhacy : Le député de la circonscription devrait à mon avis avoir un quadruple rôle à assumer au cours de son mandat à savoir :

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Interview de Julien Balkany, candidat aux Législatives 2012 : La confiance des électeurs ne se décrète pas par les décisions d’un parti – elle se conquiert!

Julien Balkany est candidat sans étiquette aux élections législatives de juin 2012 dans la première circonscription des Français de l’Etranger. Il se place tout de même à droite comme alternative au candidat officiel de l’UMP, M. Lefebvre.  M. Balkany a bien voulu répondre à nos questions…

QC2012 : M. Balkany, on parle beaucoup de vous, vous êtes très actif sur le terrain et vos soutiens sont très présents sur le web et des groupes Facebook. Plus récemment, vous avez également su rallier Franck Bondrille, un autre membre de l’UMP refusant la candidature de M. Lefebvre. Alors qu’on aurait pu pensé que vous étiez le black horse de la droite, vous vous imposez de plus en plus comme le principal candidat de cette tendance politique. Selon vous à quoi est dû votre succès ?
Julien Balkany : Depuis plusieurs mois, je mène une campagne de proximité et de terrain, en allant à la rencontre du plus grand nombre de Français vivant, comme moi, en Amérique du Nord. Au cours de la quarantaine de déplacements que j’ai effectué partout au Canada et aux Etats-Unis dans le cadre de cette campagne, s’est forgée mon intime conviction que seul un candidat qui connaît et partage au quotidien les préoccupations de nos compatriotes des États-Unis et du Canada pourra les représenter efficacement et à plein-temps à l’Assemblée Nationale.
Je constate une vraie dynamique qui s’accélère partout autour de ma candidature. Le soutien de Franck Bondrille, qui est un homme que j’estime beaucoup et qui compte énormément pour la communauté française de Floride, s’inscrit dans cette dynamique : je suis honoré qu’il ait décidé, en toute liberté, de rallier ma candidature. Il sera un soutien de poids dans cette campagne et il y trouvera toute sa place.
Finalement, je crois fermement que seul le candidat le plus accessible et disponible, le plus sincère et le plus déterminé, emportera cette nouvelle élection. La confiance des électeurs ne se décrète pas par les décisions d’un parti – elle se conquiert!
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